Livres

Thierry Simonelli & Siegfried Zepf (Hg.)
Verstehen und Begreifen in der Psychoanalyse.

Gießen: Psychosozial-Verlag, 2015.


Seit den 1990er Jahren erfährt die Psychoanalyse aufgrund der Professionalisierung der Psychotherapie eine immer stärker werdende Reduzierung auf die Psychotechnik. Die praktisch-theoretische Dialektik, aus der die Psychoanalyse Freuds entstand, wird dadurch aufs Empfindlichste gestört.

Alfred Lorenzer gehörte zu den Analytikern der Nachkriegszeit, die nach Lösungen für das von Habermas postulierte »szientistische Selbstmissverständnis« der Psychoanalyse suchten. Geprägt von der Diskussion über den wissenschaftlichen Stellenwert der Psychoanalyse versuchte er die Rolle der Psychoanalyse in der Gesellschaft und ihr Verhältnis zur Soziologie neu zu überdenken.

Die Beiträger widmen sich den verschiedenen Aspekten von Lorenzers Ansätzen, entwickeln diese weiter und zeigen neue zeitgemäße Perspektiven auf.

Mit Beiträgen von Helmut Dahmer, Sebastian Hartmann, Hans-Dieter König, Alfred Lorenzer, Bernd Nissen, Gunzelin Schmid Noerr, Thierry Simonelli, Hans-Volker Werthmann und Siegfried Zepf.


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Rezensionen :



Traduction :
Alfred Lorenzer, Destruction de langage et reconstruction
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Montréal: Éditions Liber, collection « Voix Psychanalytiques », dirigée par Michel Peterson, avril 2013.

Pour avoir souligné les fondements intersubjectifs de la psychanalyse et l’importance de l’envisager comme savoir et pratique interdisciplinaires, Alfred Lorenzer (1922-2002) a laissé une marque importante dans la psychanalyse et la pensée allemandes de la fin du vingtième siècle. Son premier ouvrage, Destruction de langage et reconstruction, et la nature de la compréhension en psychanalyse qu’il met au jour, a notamment influencé Jürgen Habermas dans la reconstruction de la psychanalyse freudienne. Lorenzer y soutient le caractère rigoureusement idiographique de la démarche analytique et entreprend de développer une herméneutique qui tienne compte de sa spécificité, une « herméneutique des profondeurs » reposant essentiellement sur ce qu’il appelle la « compréhension scénique ». C’est ici la première fois qu’on traduit l’une de ses œuvres en français.


Wilhelm Reich : Sexualité, marxisme et psychanalyse. Édition préparée par Richard Poulain, traduit par Andrea Oberhuber, avant-propos de Thierry Simonelli. Mont-Royal, Québec: MEditeur, collection « Marxismes », 2012

Au moment où jamais dans l'histoire avons-nous assisté à une aussi intense marchandisation de la sexualité et des corps, principalement féminins, mais aussi enfantins, il importe de réfléchir sur les mécanismes de soumission mis en oeuvre par le capitalisme dans le domaine de la sexualité. Cette marchandisation induit des transformations qui impliquent un changement profond du vécu personnel de l'individu. D'où l'intérêt de la publication de cet essai qui regroupe deux textes importants écrits par Wilhelm Reich (1897-1957) concernant les rapports entre le marxisme et la psychanalyse, ainsi que les liens entre la psychanalyse et la lutte des classes. Si le marxisme, en tant que méthode d'investigation, s'intéresse aux phénomènes sociaux, pour sa part, la psychanalyse explore les phénomènes psychiques qui se produisent dans une société donnée. Elle met à nu la contradiction sociale au sein même de l'individu, tandis que le marxisme dévoile les contradictions au sein des sociétés. En ce sens, malgré des niveaux d'analyses différents, ces deux méthodes d'approche du réel peuvent se féconder mutuellement. L'exploration de Reich est plus qu'utile pour nous aider à décrypter, tant au niveau social qu'individuel, la sexualisation actuelle des sociétés.



Les premières métapsychologies de Freud. Montréal : Éditions Liber, collection « Voix Psychanalytiques », dirigée par Michel Peterson, avril 2010


Freud commence comme chercheur de laboratoire en neuropathologie qui travaille sur les tissus nerveux, il finit comme celui qui écoute et déchiffre les «romans» personnels de ses patients. Ce passage ne va pas de soi. Pour reprendre une ancienne distinction épistémologique, Freud passe d une science de la nature, c est- à-dire d une science nomothétique, à une science idiographique, une science historique. 
Au cours de ce passage, il doit composer avec les connaissances neurologiques qui sont les siennes, les modèles explicatifs et les métaphores neurologiques dont il dispose, avant d inventer d autres modes d explication. Entre 1891 et 1896, il expérimente donc incessamment: un modèle explicatif se substitue à un autre, puis un nouveau modèle apparaît et refoule les autres pendant quelque temps ou les complémente pour être rejeté ou simplement oublié quelques mois plus tard. Il tâte, va et vient, reprend, laisse encore. Il se fourvoie, revient sur ses pas, se précipite dans des spéculations parfois fabuleuses. 
La psychanalyse n'est pas sortie tout armée sous le coup d une inspiration soudaine. C'est ce parcours de chercheur que suit pas à pas cet ouvrage, des travaux sur l'aphasie jusqu à l'Esquisse pour une psychologie scientifique, dégageant au fur et à mesure les modèles que Freud a successivement proposés pour décrire les premières «compréhensions psychologiques» qui, les unes plus les autres moins, alimenteront la théorie psychanalytique ultérieure. 

Notes de lecture :




Günther Anders. De la désuétude de l'homme. Paris, Éd. du Jasmin, octobre 2004 (Parution avec le concours du CNL.)


Les textes des Günther Anders renferment le témoignage essentiel d'Un Européen qui reçut une éducation philosophiques de l'entre-deux-guerres. En effet, comme étudiant de Husserl et de Heidegger, Anders côtoya Hans Jonas et Hannah Arendt dont il fut l'époux de 1929 à 1937. Durant les années 50 et 60, Anders acquit une certaine renommée pour son combat contre les armes nucléaires, mené aux côtés de Primo Levi et de Bertrand Russell. Humaniste farouche, il aimait à dire, marquant ainsi sa rupture définitive avec le concept scolastique de la philosophie :  « N'est-il pas plus important que l'humanité existe plutôt que la 'philosophie' ? Bien que je sois classé comme 'philosophe', je ne m'intéresse que très peu à la philosophie. Mon intérêt appartient au monde, de même que l'intérêt des astronomes n'appartient pas à l'astronomie, mais aux étoiles. »
Dans cet essai qui se veut une introduction à la pensée de Günther Anders, l'auteur s'attache tout particulièrement à mettre en perspective les analyses de Günther Anders portant sur l'obsolescence progressive de l'homme.

 
Lacan. La théorie. Essai de critique intérieure. Paris: Éd. du Cerf, coll. « Passages », dirigée par Heinz Wismann, 2000      
Traduction espagnole : Lacan. La teoría. Ensayo de crítica interior, traduit par Irène Agoff, Buenos Aires, Amorrortu Editores, 2002


Lacan a révolutionné la théorie et la pratique psychanalytiques par une approche dont le caractère expérimental n'a cessé de se heurter aux rigidifications de la pensée freudienne. Mais l'on sait aussi que Lacan lui-même n'a pas échappé, malgré ses mises en garde permanentes, à une telle momification de sa théorie. Aussi convient-il de soumettre cette pensée à une relecture systématique et critique qui permette d'en comprendre les articulations, d'en dégager les conséquences et d'en récuser, le cas échéant, les présupposés. 
Tout au long d'une relecture chronologique de la pensée de Lacan, l'auteur tente de circonscrire dans les textes mêmes le processus de dogmatisation de la théorie du signifiant, trop aisément attribuée à de mauvais disciples. II montre comment la réflexion sur la pratique, qui caractérise la théorie psychanalytique, se métamorphose d'abord en une anthropologie apriorique pour finir comme conception du monde, doublée de positions éthiques et politiques problématiques.
Critique du discours du maître, critique du discours de l'université, de la bureaucratie, de la philosophie, le discours de Lacan est lui-même un formidable instrument de pouvoir. Dans les coulisses de la non-maîtrise, du trou, de la castration et de la finitude, l' « au-moins-un » orchestre une maîtrise subtile et d'autant plus absolue que son lieu reste insaisissable. 


Traduction: 
Karl-Otto Apel, L'«a priori» du corps dans le problème de la connaissance. Paris : Paris: Éd. du Cerf, coll. « Humanités », dirigée par Marc Ferry, 2000


Rien n'est dans l'entendement qui n'ait d'abord été dans le sens, à l'exception de l'entendement lui-même. Par cette disjonction de l'empirique et de l'apriorique, Leibniz inaugure l'une des distinctions fondamentales de la théorie de la connaissance jusqu'au XXe siècle. Mais qu'en est-il au juste de ces sens et, plus généralement, du corps dans la connaissance ? Font-ils partie du donné empirique ou des conditions aprioriques de la connaissance ? 
Par un détour qui relie les spécificités de la théorie des quanta à la perception quotidienne du monde, Karl Otto Apel décrit comment la distinction épistémologique classique escamote la question du corps. S'appuyant sur la biologie de von Uexküll et la pensée de Heidegger, Apel entame une transformation de la philosophie kantienne en vue d'une anthropologie de la connaissance où le corps tient une place centrale.